Histoire du JUDO

Au XVIe siècle, les élèves samouraïs s’exerçaient non seulement à maîtriser les techniques de combat au sabre ou à la lance, mais aussi à se battre à mains nues en s’appuyant sur les techniques sophistiquées du jiu-jitsu, ancêtre du judo.


L’histoire du judo débute réellement vers le milieu du XIXe siècle. à l’époque, la société japonaise est en pleine mutation. Finies les luttes incessantes entre les seigneurs de la guerre et leurs armées de mercenaires. De nouvelles lois interdisent désormais aux samouraïs de porter le sabre. La honte ! Les anciens soldats se reconvertissent comme ils peuvent, en paysans, en bandits. Les techniques de combat qu’ils avaient érigées en «art» au cours des siècles précédents disparaissent lentement avec la mort des derniers professeurs.


Lorsqu’il débarque à Tokyo en 1877, le jeune Jigoro Kano éprouve de grandes difficultés à trouver encore un grand maître de jiu-jitsu. Il veut effectivement apprendre cette discipline ancestrale dont il ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle permet à un homme de faible constitution de lutter contre beaucoup plus costaud que lui. Or, il se trouve que Jigoro Kano est de nature chétive. Il est né le 18 octobre 1860 à Mikage, dans le district de Hyogo. Troisième fils d’un père marin, il a pratiqué la gymnastique et le base-ball mais sans parvenir à surmonter le handicap d’une trop grande fragilité physique. Bref, il rêve d’une technique qui ferait de lui un crack et, après bien des déboires, il finit par trouver Hachi-nosuke Fukuda de l’école Tenjjin-Shinyo-Ryu dont il deviendra le disciple. Pas de chance ! Le vieux samouraï mourra peu de temps après leur rencontre.


Jigoro Kano fréquente alors l’école Tenjin-Shingo avec une telle assiduité qu’il en devient bientôt le vice-directeur. Juste en-dessous du grand maître Iso. Nouveau décès. Kano se retrouve du même coup dépositaire des archives d’un enseignement séculaire. Mais sans professeur ! Il poursuit alors son apprentissage en autodidacte, puisant des conseils autour de lui comme par exemple auprès du maître Likubo de l’école de Kito qui lui apprend l’art du combat en armure. Après avoir décroché sa licence de lettres à l’Université impériale de Tokyo, il décide d’ouvrir sa propre école dans le petit temple bouddhique d’Eishosi.